aux mots doux
aux mots doux
Je vous admirais.
Moi, la gamine qui vous regardait,
qui vous contemplait
plus fort que personne ne l’aurait fait.
Je portais votre travail comme un secret,
j’en oubliais même votre âge, votre passé.
J’étais pas en guerre, pas là pour régner,
j’étais juste en compétition
avec la meilleure version… de moi-même.
Et vous étiez mon modèle, mon repère, mon emblème.
Quand je vous parlais,
j’avais l’impression que mes mots montaient en prière,
comme s’ils flottaient dans un temple,
comme si enfin, quelqu’un écoutait.
J’y croyais… sincèrement.
Mais j’ai compris.
Trop tard, oui trop tard.
Le jour où vos sourires ont tourné,
le jour où vos phrases ont changé.
Derrière mon dos,
vous me critiquiez
pour m’écraser.
Et ça…
ça m’a fait mal.
Parce que je vous aimais bien,
bordel.
Parce que j’avais l’âge de votre fille,
et que malgré ça,
vous m’avez prise pour une ennemie fragile.
Vous m’avez blessée comme on rouvre une cicatrice,
une vieille plaie qu’on croyait fermée.
J’avais baissé mon bouclier,
j’avais cru en l’humanité,
j’avais pensé que les anciens
portaient plus de vérité.
Mais non.
La seule chose que vous avez récoltée,
c’est ma colère…
et un goût amer de regret.
Homme aux cheveux bouclés,
âme presque jumelle,
mais jamais parallèle.
On ne porte pas le même regard,
on ne porte pas la même force.
Moi j’avance,
même cabossée,
même déçue,
même blessée.
Vous, vous êtes resté coincé
dans vos peurs déguisées.
Alors j’écris.
Je slame.
Je reprends ce que vous m’aviez volé :
ma voix.
Et ma voix, elle résonne plus fort que vous.
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