aux mots doux
aux mots douxJe ne peux plus vous sauver.
Je ne sais plus par où commencer.
Et cette question revient, insistante :
suis-je guérie,
ou simplement en train
de recouvrir mes cicatrices ?
Je ne peux plus vous écouter
comme avant.
Je n’ai jamais appris
à m’écouter moi-même.
Pas par abandon —
ce mot me dépasse.
Nous sommes deux âmes cabossées,
avançant à hauteur égale.
Je ne peux plus vous porter.
Je risquerais de m’y perdre,
de me réfugier dans vos failles,
si grandes,
qu’elles m’avaleraient doucement.
Je dois rester à ma place,
pour ne pas disparaître.
Mais je peux encore
vous faire frémir.
Vous offrir un instant de pause,
un souffle,
par mes écrits.
Mon chemin n’est pas unique.
Vous marchez derrière moi,
et moi, je continue d’avancer.
Grâce à cela,
je suis moins épuisée,
moins éparpillée,
mais entière,
présente,
capable
d’être là.
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